Vers le portail de Sciences Po

Vous êtes ici : Centre de recherche > Groupes de travail et séminaires > Arts et sociétés

 

English


Lettre électronique du groupe de travail

Thèmes de recherche
Arts
Histoire
Sociétés Cliquez ici

Responsable
Laurence Bertrand Dorléac

Contact
laurence.bertranddorleac(at)
sciences-po.org

Arts et sociétés

Avec le soutien de la Fondation de France

Chaque société assigne à l'art des fonctions. Il s’agira d’analyser le processus actuel de redéfinition de l'art et de sa légitimité sociale dans une perspective historique suffisamment longue pour être probante. Nous étudierions les différents mouvements et événements qui ont conduit à la situation complexe et sans précédent que nous connaissons aujourd'hui. Il faudra nous intéresser aussi bien aux pensées politiques, économiques et sociales de l'art qu’aux programmes, projets et réalisations; aux politiques de l'Etat, aux politiques privées (associations de collectionneurs ou d'amis des musées, fondations); aux comportements des publics (connaisseurs, acheteurs, amateurs).
Il faudra discuter l'histoire de l'idée qui a prospéré depuis le 19e siècle selon laquelle l'art serait à l'avant-garde de la critique de la société sinon de sa réforme — l'idée fut reconduite mais selon des modalités qui ont évolué au cours du temps et dont il faudra retrouver le sens, en particulier dans le sillage des années 1960. Ainsi, les avant-gardes n’ont cessé de penser l'art comme la forme même du politique capable de réenchanter le monde et d'en modifier le contrat social. Elles ont agi à leur façon sur les publics qui ont investi l'art comme un laboratoire de la liberté humaine, individuelle sinon collective.
Cette année sera consacrée plus particulièrement aux économies de l’art. Objet de tous les fantasmes de pureté et de sacré, l’art est aussi l’enjeu des spéculations effrénées qui feraient désormais gagner plus d’argent que les meilleurs produits boursiers. Son économie marchande plus ou moins florissante au cours des siècles est aujourd’hui spectaculaire et influe de plus en plus sur les modalités d’existence du monde de l’art, si ce n’est sur le contenu des œuvres elles-mêmes.
Alors que l’attention se fixe généralement sur cette économie financière, il est temps d’analyser le phénomène en profondeur mais surtout de comprendre ce qui fait l’intérêt de l’art partagé par un public de plus en plus nombreux. Hautement symbolique, ce domaine d’invention semble particulièrement adapté à la discussion des schémas de la pensée économique qui s’appliquent toujours aux mêmes objets en laissant de côté de nombreuses modalités de l’activité humaine. La définition de la valeur de l’art devrait être ainsi reconsidérée.

Laurence Bertrand Dorléac

Les séances ont lieu au Centre d’Histoire de Sciences Po - 56 rue Jacob - 1er étage. Une Lettre du séminaire est publiée après chacune.